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Il y en a parmi vous qui veulent devenir avocats ? Ou qui le sont déjà ? Où qui l’étaient ?

Bonjour à tous,

Petit épisode « lecture » aujourd’hui. Je  sors un peu des sujets purement photographiques, mais je reste dans le droit.

J’ai en effet découvert récemment la sortie de l’ouvrage publié par une jeune consoeur, Me Amandine SARFATI, et intitulé « Chronique d’une jeune avocate », directement suivi du sous-titre « Comment je suis passée du rêve à la réalité » (Enrick B Éditions, 2017)

Quelques précautions politiquement correctes (de mon cru)

Je précise tout d’abord que même si j’adorerais passer mes journées à écrire des livres, du matin au soir (j’y travaille !), mon métier n’est pas le pire qu’on puisse imaginer, loin de là.

Mais entre la réalité et l’idée que se fait bien souvent le public de notre belle profession, il y a – comme en tout domaine – une très sérieuse marge, qui confine au gouffre.

Certes, il y a aussi 100 manières différentes d’exercer la profession, et l’expérience des uns n’est pas celle des autres. Ces précautions préalables étant rappelées, l’exercice de cette profession implique toutefois quelques passages obligés.

La lecture

Après avoir décrit avec pas mal d’humour son propre parcours, l’auteure – qui comme moi a aussi une activité artistique vers laquelle elle tendait plus naturellement – vous entraînera dans les méandres du parcours d’un avocat qui débute… ou qui persévère… ou qui persiste encore…. ou qui se demande s’il va continuer longtemps..

Mes confrères installés (ou ex-confrères, ceux qui auraient changé de voie) se reconnaîtront, tout comme moi, dans bien des situations.

Ah… les patrons de stage qui nous envoient à l’autre bout du pays dans l’urgence (et parfois pour rien), pour un dossier que nous n’avons jamais vu et qu’on doit découvrir pendant le trajet (j’avais à cet égard de la chance, la Belgique où j’ai débuté est un bien plus petit pays… mais on y plaide dans deux langues par contre…)

Ah, la confraternité à géométrie variable….

« Il est membre du Conseil de l’Ordre, fait le coq sur FBF TV, mais me communique ses conclusions à 23h30 la veille de l’audience en signant le courrier qui les accompagne par cette phrase magique que l’on trouve sans cesse dans les échanges entre avocats : « Je vous prie de me croire, votre bien dévoué confrère ».
Je suis dans mon lit, devant la télé, presque endormie et à la lecture de son mail sur mon smartphone j’ai envie de lui répondre : « LOL ». Mais ces trois petites lettres pourraient m’emmener devant le Bâtonnier et me faire risquer une sanction disciplinaire pour manquement aux règles déontologiques de notre si belle profession où les gens sont tous dignes, bons, beaux, nobles, irréprochables, respectables, honorables, accomplis, parfais et à qui l’on doit tous respect et admiration… »  (Extrait de « Chronique d’une jeune avocate », A. Sarfati, p. 72).

Ah, la robe… cet accessoire que moi non plus, je n’étais pas pressée de porter en été (il fait une chaleur de dingue là-dessous) mais qui en impose et permet parfois de se faire respecter même (et surtout) quand on débute le barreau très jeune.

Ah, les avocats qui se perdent dans le Palais de Justice, les petits raccourcis qu’on ne trouve qu’après avoir manqué dix fois d’arriver en retard, à trop chercher une salle mal indiquée…

« Je deviens folle et me dis que je vais finir par manquer l’audience. Je cours et j’interroge les gendarmes, les greffiers, les avocats, les mecs bizarres dans les couloirs, et chacun me dirige vers une direction différente. » (Extrait de « Chronique d’une jeune avocate », A.Sarfati, p. 94)

Ah les cas de conscience, les « je ne suis pas capable de défendre ce dossier-là ».

Les incroyables avancées technologiques de la justice, où l’on communique encore par fax, et la vision des « Toques », élément hautement anxiogène de l’avocat, qui y découvre les bombes laissées par les confrères au dernier moment.

Et comment répondre aux questions des gens, dans les soirées d’une vie privée ordinaires, sans casser le mythe… et sans mentir… et en profitant aussi d’une soirée qu’on espérait détendue, loin des questions juridiques ?

Bref, vous l’aurez compris, un ouvrage qui décrit avec beaucoup d’humour mais aussi beaucoup de réalisme la vie quotidienne d’une grande majorité d’avocats. Et qui devrait, en cela, amuser ou du moins interpeller les avocats déjà établis, faire sourire et respirer d’aise ceux qui ne le sont plus, et, peut-être, amener à réfléchir ceux qui veulent le devenir.

Il faut une sacrée vocation… de l’endurance. Et quand c’est expliqué de cette manière, comment ne pas aimer ?

Merci à l’auteure, pour ce savoureux moment de lecture.

                                             Joëlle Verbrugge

P.S. « Sinon, la photo, c’est bien aussi comme métier, non ? « 

1 commentaire sur cet article

  1. Bonjour, Tout ceci pourrait aussi s’appliquer à la profession de Notaire, entre autre. Passionné par le droit, j’avais tenté une capacité, voie alternative d’accès juridique aux études pour celles et ceux poursuivis par les études… Je côtoie désormais à titre privé depuis quelques années, avec plaisir, amusement et succès ces 2 professions (!), avec une appréciation poussée et quelque peu négative compte tenu de mes relations avec et sur la profession mentionnée plus haut. La profession d’Avocat perdrait-elle quelque peu elle aussi ses lettres de « Noblesse » ? Après une probable perdition dans les couloirs mais surtout dans une complexité juridique qui s’alourdit jour après jour, non ? je dis aux Avocats(es) : tenez bon, « on » vous aime ! Poursuivez votre passion, allez puiser des forces dans votre famille, dans la nature, dans des activités « récréatives », ceci même si mon propos aura peu de portée, mais comme le Colibri… Bel automne, la vie est belle, profitons. Alain P.

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