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Pas d’états d’âme à l’AFP

Bonjour,

A l’heure où le numéro 20 de « Compétence photo » vient de sortir, avec un article sur le droit à la paternité de l’auteur sur ses clichés, ainsi que sur la dérive des « D.R. », il me paraissait judicieux de relayer l’information suivante.

A la suite du tremblement de Terre survenu en Haïti en janvier 2010, un photographe, Daniel Morel, qui était présent sur les lieux juste après le séisme, avait posté quelques clichés sur TwiPic.
Un internaute de la République Dominicaine avait jugé judicieux de s’approprier les clichés pour les diffuser à son tour (et ce alors que, comme le relève le Tribunal, il n’est
pas photographe et n’était pas à Haïti au moment du séisme).

De son côté, l’Agence AFP, apparemment sans le moindre état d’âme,
avait simplement récupéré les clichés, dont un s’était retrouvé à la Une de divers quotidiens européens.

L’auteur des clichés avait donc poursuivi l’AFP qui s’était retournée à son tour contre l’internaute indélicat, en invoquant que les photos publiées sur Twitter étaient libres de droits, ce qu’a fort heureusement démenti un Tribunal de New-York en date du 23 décembre dernier. Le photographe peut donc poursuivre son action contre l’AFP et réclamer une juste indemnisation, qu’on lui souhaite à la hauteur du préjudice subi…

Et bien sûr un article sur le respect des droits d’auteur sur les réseaux sociaux (essentiellement Twitter et Facebook) est à l’étude…  ça viendra…
Vous ne manquerez pas de lecture en 2011, puisque voici la chemise qui se trouve sur mon bureau, et qui contient… toutes les idées et documentations pour les prochains articles..

Et grâce à votre imaginatin débordante, les idées de sujets arrivent tous les jours … 😉

A bientôt donc….

Joëlle Verbrugge

7 commentaires sur cet article

  1. Commentaire laissé par Olivier le 7/1/2011

    Bonjour,

    j’ai lu pas mal d’articles sur cette affaire AFP / Morel. Je ne suis pas Juriste, juste un photographe amateur qui poste entre autres des liens vers ses photos (hébergées sur flickr)

    Un point n’a pas été développé, il me semble, sur la signification du terme « contenu » (content) présent dans les TOS de twitter, i.e. ce qu’englobe ce terme.

    Apparement la photo a été postée sur twitpic qui comporte ses propres TOS, ceux -ci stipulent (de mémoire) que le contenu est sous la seule responsabilité du posteur, qu’il lui appartient et qu’en postant il ne cède aucun de ses droits (et devoirs j’imagine).

    Sur Twitter on poste un texte éventuellement accompagné d’un lien. Le contenu devient vient le texte + le lien. A moins que le terme de contenu ne soit assez vague pour y inclure le contenu d’un lien.

    La question que je me pose est : pourquoi nulle part ne parle-t-on de la différence entre un lien et le contenu d’un lien ?

    Si l’on suit le raisonement de l’AFP, tout lien posté sur twitter impliquerait de facto que le contenu du lien soit libre pour la diffusion (sans crédit et sans rétribution) et récupérable par n’importe qui (en particulier une agence).

    Il me semble que c’est juste le lien qui peut être repris, c’est ce qui arrive la plus part du temps d’ailleurs.

    La voie empruntée par l’AFP est dangereuse : si ils avaient obtenu satisfaction, ils pourraient être pillés de tout leurs contenus (c’est aussi valable pour n’importe quel producteur de contenu quel qu’il soit et quel que soit le type de contenu – texte, photo, son, vidéo).

    En l’occurence, ce que Morel a posté sur twitter c’est un lien vers sa photo et non la photo elle même, que l’AFP reprenne le lien et le publie, libre à eux, c’est d’ailleurs la vocation de twitter : partager et diffuser.

    En gros la question est : est-ce qu’un lien vers un contenu équivaut au contenu lui même ?

    (maintenant il se peut que je sois trop simpliste dans mon raisonnement).

    1. Réponse laissée par Laurent Paillier le 7/1/2011

      En plus, du fait de son statut d’entreprise publique l’AFP perçoit 113 millions d’abonnement de l’Etat ce qui constitue un etat de concurrence déloyale envers les agences privées qui ne bénéficient pas d’aides comparables. Difficile donc de rivaliser avec la force de l’AFP quand on est une petite agence.

    2. Ah je l’ignorais,merci pour l’info..

      Dans ce cadre en effet, il est d’autant plus consternant qu’il ne leur passe pas à l’idée de rémunérer les photographes …

      Joëlle Verbrugge

    3. Réponse de Laurent Paillier le 13/1/2011

      C’est très désagréable de penser que nos impôts servent à entretenir la position dominante de nos concurents. En raison de cette concurence deloyale de l’AFP des dizaines de photographes triment pour des revenus de misère, sont obligés de baisser leurs tarifs etc…

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