Exemple de présentation d’un tirage original avec certificat d’authenticité
Lundi 8 février 2010Bonjour
A la demande de plusieurs lecteurs, je vous livre ci-dessous des exemples de certificats d’authenticité.
Il n’y a pas de forme « légale » ou sacramentelle prévue, ceci n’est donc qu’un exemple, par nature perfectible.
Rappelons, comme indiqué dans un précédent article, que la seule condition légale pour qu’il s’agisse d’une « oeuvre d’art » au sens des dispositions fiscales, est que le tirage soit numéroté et signé par l’auteur, et ce dans une limite de 30 exemplaires par oeuvre, tous formats confondus.
A partir de là, chacun met en oeuvre sa propre méthode, et ce qui suit n’est donné qu’à titre indicatif pour répondre aux questions que semblent se poser certains.
- Les strictes obligations légales
Pour satisfaire à l’exigence de la loi, j’appose donc pour ma part au verso du tirage (lorsque le support le permet, c’est-à-dire essentiellement quand il s’agit de papier et non de pvc, alu, plexi ou bois) un timbre à sec reprenant mon nom, au centre duquel j’ajoute à la main le numéro du tirage.
(reproduit ici pour l’exemple sur papier libre -
en pratique le numéro est plutôt inscrit au crayon)
Il est bien sûr possible de signer et numéroter à la main. Je n’ai choisi le timbre à sec que parce que j’ai personnellement une écriture particulièrement peu esthétique.
En toute hypothèse, quel que soit le support, j’inscris au verso, au crayon aujourd’hui (après avoir commencé par utiliser des étiquettes) les mentions suivantes :
J’y ajoute une signature à la main, et souvent le type du papier utilisé et cette fois je signe, toujours au crayon.
Enfin, je joins au tirage (au moment de l’offrir ou de le vendre) un certificat d’authenticité que j’établis sur le modèle suivant :
Deux parties donc dans ce certificat :
- L’une reprenant la finalité du certificat avec les mentions suivantes :
« Ce certificat atteste que le tirage est une oeuvre originale répondant aux critères légaux, numérotée et signée et faisant partie d’un tirage limité dans la limite de 30 exemplaires tous formats confondus »
et l’autre reprenant le détail du tirage concerné :
Les deux dernières lignes sont complétées au moment de vendre le tirage.
- Et un système personnel qui peut intéresser certains
Vous aurez constaté dans le certificat d’authenticité et sur l’étiquette au verso du tirage, j’ai ajouté un « numéro de certificat » (distinct du numéro de tirage).
Ce n’est absolument pas une obligation légale.
Mais j’établis en ce qui me concerne, deux documents supplémentaires :
- un récapitulatif général de tous les certificats délivrés me permet justement la numérotation du certificat de cette photo précise.
-et une liste, photo par photo, pour savoir où j’en suis dans mes tirages, afin d’être sûre, à terme, si l’une ou l’autre se vend bien (et que ma carrière se prolonge assez pour que j’épuise les 30 exemplaires) de ne pas dépasser la limite.
Voilà…. j’espère que ces exemples pourront aider ceux qui se posaient des questions à ce sujet. Excellente semaine à tous.
Ne ratez pas, sous ma signature, le commentaire de Didier Vereeck qui a une méthode un peu différente de la mienne, dans une même optique : garder une crédibilité face aux acheteurs, ne pas dévaloriser le travail et la valeur des tirages, et se préserver contre tout risque d’erreur.
Joëlle Verbrugge
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Commentaire de Didier Vereeck :
J’ai une approche un peu différente du certificat d’authenticité et je l’ai exposée ici :
[Tirages d'art] Un certificat d’authenticité au-dessus de tout soupçon
Je pense important de mettre la vignette de la photo et d’assurer qu’il n’y a pas de copie dudit certificat. Mais en réalité chacun fait comme il veut car le certificat n’est pas obligatoire. En tout cas, un certificat ne dispense pas de porter les mêmes indications au dos du tirage, quand c’est possible.
Certains assurent même que dans le circuit des galeries d’art et auprès des collectionneurs, le certificat d’authenticité ne sert à rien. Je le pense néanmoins pédagogique, tant pour les photographes que pour les acquéreurs néophytes.
Les photographes qui se penchent sur la création de leurs certificats affirment par là leur intention de valoriser leur production, et affichent une volonté de rigueur, qui ne s’apprend qu’avec le temps. Les acheteurs non collectionneurs apprécient en général le certificat d’authenticité, qui valorise leur achat.
J’ai également un numéro de certificat différent du numéro de facture, numéro (du certificat) qui est celui de la photo auquel j’ajoute le numéro du tirage (donc du type n° photo/ n° dans la série, soit par exemple 04-261-01-6/30).
Pour me retrouver dans les nombres d’exemplaires, j’ai trois sécurités:
- la facturation, qui me permet en un clic de savoir combien de tirages j’ai vendu en tout, combien de chaque photo (en tapant son numéro) et à qui, etc.
- mon catalogueur, dans lequel je reporte les ventes, comme d’ailleurs tous les usages de mes photos (agences, éditeurs, et utilisation plus précise quand je la connais)
- le fichier informatique : comme je détruis le certificat d’authenticité de la photo vendue, je prépare le suivant donc le seul qui reste dans mon dossier est forcément le dernier, évitant toute erreur.
Toutes ces précautions peuvent sembler superflues mais une erreur est vite arrivée, et c’est alors votre crédibilité qui en prend un coup. Pour cette raison d’ailleurs, je sépare nettement les séries que je vends moi-même et celles qui sont vendues par d’autres. Il serait trop bête que le même week-end les derniers exemplaires d’un tirage soient vendus, dépassant les 30 exemplaires.
Didier Vereeck
Catégorie : Aspects fiscaux (TVA, mesures favorables aux auteurs, etc..)
Mots-clés : certificat d'authenticité, liste, mentions, numéro du tirage, signature, tirage original
Commentaire posté par Vincent Loyer le 8/2/2010
Merci pour cette article. Je cherchais justement des modèles pour ce genre de choses.
Vinz
Il suffisait de demander…
Commentaire laissé par Bruno Mercier le 8/2/2010
Merci Joelle pour ce blog.
Juste un point sur les certificats d’authencités. C’est à mon affirmation que Didier fait allusion. Oui dans le circuit des galeries et des collectionneurs, ce petit papier n’est jamais demandé. Il ne sert à rien. En revanche rien n’interdit de le faire quand même. Je rebondis en revanche sur un point. Tu parles de coller une etiquette au dos de ton tirage…. Surtout pas!! Il ne faut rien coller sous peine de retirer toute valeur au tirage. Une mention au crayon suffit.
Encore bravo pour cette mine que constitue ton blog!
Bonsoir
Merci pour les observations.
Je suis un peu étonnée pour ce qui est de l’étiquette..
Du crayon cela s’efface ou cela se modifie.. ou se falsifie.
Tu me diras bien sûr que l’étiquette peut aussi se décoller ou se falsifier, là bien d’accord.
Resterait alors la possibilité d’écrire au feutre indélébile au verso, mais cela se verrait pas transparence nettement plus qu’une étiquette blanche non ??
au départ l’étiquette je l’avais imaginée car le cachet que j’ai fait fabriquer (celui donc qui sert de trame à l’étiquette) ne tient pas au dos de la majorité des tirages, même après séchage il a tendance à déteindre, ce qui est dangereux si le tirage est roulé ne fût-ce que pour l’expédition..
Mais bon, je ne revendique pas d’avoir la solution idéale bie sûr, et tout reste à parfaire
Réponse de Bruno Mercier :
je ne veux pas encombrer ton blog… non pas d’encre non plus, pas de feutres indélébiles.. Le timbre à sec est une bonne idée, je l’utilise aussi.
Si tu veux, rien ne doit risquer d’altérer le tirage. Beaucoup de collectionneurs conservent leurs tirages dans des boites sans acide, se méfient de toute altération de l’air, de toute débauche de lumière.. Imagine un coup de feutre indélébile à l’arrière… c’est pourquoi je parlais de « retirer toute valeur »…
Maintenant, ce dont je parle concerne un tout petit aspect du marché photo. Et j’en découvre tous les jours…
Encombrer ? Au contraire, cet échange est intéressant…
La conservation dont tu parles en effet est sans doute une bonne chose, voire un luxe… et l’autre aspect de la question c’est : « mais que devient la photo, vit-elle réellement si on la laisse enfermée dans ce type de boîte ?? ».
Difficile compromis..
A l’heure où je m’apprête à proposer certains tirages originaux sur mon site (puisque certains de mes tirages sur des supports divers s’avèrent tout à fait à mon goût), dois-je suggérer aux éventuels acheteurs de cacher le tirage dans un tel environnement ?
Ou bien tu parlais des 30 tirages que pourrait faire, « d’avance » le photographe jusqu’au moment de leur vente ? Là alors je comprendrais mieux, mais pour ma part je ne tire qu’au fur et à mesure des besoins.
Un petit tour de table sur la question pourrait être intéressant..
Que faites-vous, tous les autres lecteurs coutumiers de ce genre de tirages ?
Réponse de Bruno Mercier :
Si je dis tout ça c’est parce que j’ai fait les mêmes erreurs et que j’en fais encore..
Non, moi aussi je ne tire qu’au fur et à mesure des demandes, je ne stock rien, les tirages risquent trop dans des manipulations hasardeuses.
Je parle juste d’une petite partie du marché de l’art, mais c’est cette partie qui fait que ce marché existe encore. Les collectionneurs pour beaucoup font ce marché. Leurs achats, leur goût, leurs souhaits, les règles d’archivages sont déterminants pour les galeries qui nous recrutent, nous exposent et assurent une part du risque pour nous même si c’est calculé, même si c’est un business.
Oui certains de ces collectionneurs conservent nos tirages dans des boites garanties sans acide. Il existe de grandes collections qui font les cotes des artistes. Les tirages sont soit exposés avec toutes les garanties (cartons sans acide et passes idem, pas de contre collage, pas d’adhesif non admis (voir le site de Stouls pour ces produits), verre anti UV sans reflet etc, etc, soit stockés dans ces fameuses boites dont je parle. Et certaines de ces collections constituent notre patrimoine photographique. Toute l’histoire de la photo est conservée, chouchoutée, préservée. C’est un bien inestimable.
Alors oui je ne parle pas du grand public au sens large. Juste d’une toute petite frange des amateurs au sens noble. C’est un marché que personnellement je découvre et je profite de ce qu’on m’a transmis comme info pour transmettre à mon tour.
Parce que je pense que je ne dois pas offrir moins à un client de passage qu’à un de ces collectionneurs à la passion dévorante dont je parle. Et peut etre que ce client de passage est _il un de ces futurs grands collectionneurs, peut etre n’est il qu’au tout début d’une future grande collection.
Alors j’essaie de corriger mon laisser aller naturel. Certains aspects qui semblaient faciles (un bout de scotch même archival par exemple pour tenir sur un passe)… On passe un temps infini pour faire les plus beaux des tirages, on se donne un mal de chien à selectionner le papier, à travailler les contrastes, les détails et on voudrait compromettre ces efforts en risquant la perennité de notre travail?
En fait si ces aspects comptent tant, ce n’est pas par maniaquerie, et rien n’est plus dommage qu’un baryté tout jauni, qu’une giclee ternie, qu’un papier altéré parce qu’on a manqué de rigueur dans la présentation. Il faut agir pour chaque acquereur comme on le ferait pour le plus grand des musées. Car c’est respecter et l’acheteur et nous même à travers ce qu’on présente de nous.
Tout cela est exact… et convaincant de surcroît..
Bon je vais déjà étudier la question de la mention au crayon au verso pour les tirages papier (sur un laminage bois tu fais quoi par contre ? Ou sur un support plexi ? – Question très concrète, j’en ai 2 en stock depuis ce matin).
Et merci pour ce petit échange de vue..
La discussion reste ouverte, et toutes autres suggestions sont bien entendu les bienvenues… N’hésitez pas à faire part de vos réflexions ou astuces..
Laminage et contre collages dibond, alu, plexy, diasec, carton plume sont à considérer sous un aspect different. On peut coller une etiquette à l’arrière en ce cas. Mais ce n’est pas tout à fait le même marché. Un diasec peut constituer la base d’une superbe expo, mais ce n’est pas le diasec qui interessera le collectionneur, mais toujours un tirage simple sur papier.
En revanche pour un acquéreur qui est dans une optique plus deco toutes ces solutions sont très bien. C’est juste autre chose.
Merci à toi de m’avoir laissé elucubrer sur ton blog
A bientôt
Bruno
De rien.. toutes élucubrations sont les bienvenues pour autant qu’elles soient constructives..
Après cela, chaque lecteur pourra se faire son opinion
Commentaire posté par Didier Vereeck le 9/2/2010 :
C’est par rapport à ce genre de conversation et de considérations que j’ai fait mon commentaire, et modifié mon article d’origine.
Il me semble opportun de distinguer les néophytes et les collectionneurs.
Si on vend un tirage non monté, alors autant le faire pour tout client comme s’il s’agissait d’un collectionneur, mais il faut également l’informer car il risque de faire monter la photo à l’arrache chez l’encadreur du coin.
Si on vend un tirage monté, alors le certificat d’authenticité devient quasi indispensable, même s’il reste non obligatoire.
Il faut bien admettre que la plupart des photographes n’ont pas ces besoins, ses connaissances, ni de motivation pour prendre des précautions. Néanmoins il est intéressant de progresser chaque jour, et de se rapprocher chaque jour un peu plus d’une qualité au top. N’oublions pas que l’à-peu-près des uns dévalue le travail des autres.
Lorsque l’à-peu-près est dû uniquement à un manque d’expérience, pas de problème, on apprend. Mais que ceux qui nous lisent et ne prennent pas de précaution par négligence réfléchissent un peu au mal qu’ils font à la photo tirée soigneusement dans son ensemble.
À nous tous, et en fonction des expériences de vente, en galerie ou ailleurs, en France et à l’étranger, nous définissons peu à peu des normes vers un label de qualité.
C’est pourquoi toute expérience est la bienvenue !
Commentaire posté par Sébastien le 13/2/2010
Bonjour ! Merci Joëlle pour cette mine d’info !
Je suis grand débutant dans le domaine (rien vendu encore, je commence peut-être ce week end
. Quel crayon utiliser pour signer au dos du tirage ? Je pensais à un stylo bille fin… je n’ai pas de timbre à sec (trop cher).
Merci !
Seb
bonsoir
Eh bien..un crayon à papier tout simple..
).. pas la peine de faire compliqué
))
Je déconseillerais le stylo-bille mais ça reste un choix personnel
Commentaire laissé par Photok le 9/12/2010
je trouve vraiment préférable d’écrire sur une étiquette que l’on colle ensuite au dos du tirage papier plutot que d’écrire directement au dos en risquant presque à coups sûrs de marquer en profondeur le papier.
Bonsoir
C’est une option.. certains diront que la colle de l’étiquette pourrait faire plus de ravages sur la qualité du papier, à terme, que la pointe un peu grasse d’un crayon…
En fait sur les tirages papier pour ma part et désormais (après avoir lu les premiers commentaires instructifs) j’écris au crayons, et sur les tirages plexi, diasec, laminage etc.. je colle une étiquette…
Mais ce n’est pas forcément la solution idéale.. y a-t-il un chimiste dans la salle ??
Cet article et tous ces commentaires sont forts intéressants.
Je me pose quant à moi une question particulière : je fais des tirages cyanotypes dont je couche moi-même l’émulsion sur papier pour ensuite en faire le tirage par contact d’un négatif de dimensions variables.
L’émulsion n’est jamais couchée de façon identique (je « gomme » les bords pour ne pas avoir de bords droits) et le positionnement de l’image dépend donc de la surface de chaque émulsion sur chaque feuille. Bref ce sont pour moi , à mon sens des tirages uniques même si à la base le « négatif » est le même. Il n’y a pas une image qui ressemble exactement à une autre d’un tirage à l’autre.
Du coup, la fameuse règle de x/30 s’applique-t-elle ?
Si non, qu’indiquer comme mention pour que l’acheteur n’ait pas l’impression d’acheter une simple énième reproduction ?
J’ai entendu des gens parler qu’ils indiquaient « édition variée » sans mettre de numérotation. Est-ce que cela enlève de la valeur au tirage ?
Merci de vos lumières !
Génial, tout ce que je cherchais s’y trouve, merci !
bonjour
merci ce poste qui m’a permis de mieux comprendre les certificat d’authenticité
je dois en créer mais pour des photos à tirage unique (1seul exemplaire imprimé)
Une idée de comment les créer ?
Merci pour votre aides
Bonjour
Et bien la même chose, à part que vous indiquez
Numéro du tirage 1/1
Si le sujet vous intéresse et que vous voulez approfondir, un chapitre entier de mon bouquin est consacré à cette notion de tirage original, et ses implications juridiques au niveau fiscal, mais aussi au niveau du droit des contrats en général.
Bien à vous
Joëlle Verbrugge